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Rights groups celebrate appeal victory affirming end to indefinite, prolonged solitary confinement

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(le français suit)

For immediate release

VANCOUVER – Today, June 24, 2019, the British Columbia Court of Appeal released its decision affirming the unconstitutionality of the federal government’s laws that authorize prolonged, indefinite solitary confinement in prisons across Canada. The decision has serious implications for the new solitary confinement legislation passed into law just last Friday by Parliament.

Writing for a unanimous Court of Appeal, Mr. Justice Fitch held: “In my respectful view, a legislative provision that authorizes the prolonged and indefinite use of administrative segregation in circumstances that constitute the solitary confinement of an inmate within the meaning of the Mandela Rules deprives an inmate of life, liberty and security of the person in a way that is grossly disproportionate to the objectives of the law. In addition, the draconian impact of the law on segregated inmates, as reflected in Canada’s historical experience with administrative segregation and in the judge’s detailed factual findings, is so grossly disproportionate to the objectives of the provision that it offends the fundamental norms of a free and democratic society.”

Today’s decision is a rejection of the government’s attempt to overturn the January 2018 BC Supreme Court decision that found the government is endangering the lives and health of federally incarcerated people when it locks them away in prolonged, indefinite solitary confinement. The case was brought by the BC Civil Liberties Association (BCCLA) and the John Howard Society of Canada (JHSC) and resulted in the government’s administrative segregation laws being struck down as unconstitutional – a finding that was upheld by the BC Court of Appeal today.

“This decision calls out Canada’s long-standing practice of isolating prisoners for weeks, months and even years at a time – with no end in sight – a practice that has been condemned the world over as a form of torture,” said Grace Pastine, BCCLA Litigation Director. “This decision is a monumental victory for the many people who are suffering, unseen and unheard, behind prison walls. It’s also a victory for all Canadians who believe that solitary confinement is immoral as well as impractical. It works against our goals as a society – it harms prisoners, costs too much and leads to more crime.”

The decision makes clear that indefinite and prolonged solitary confinement is unconstitutional, and affirmed the lower court’s decision to strike down provisions of the original prison legislation on that basis. The federal government’s replacement legislation, passed on Friday by Parliament, continues to permit prolonged solitary confinement under certain circumstances. The BCCLA and JHSC had urged the government and Parliamentarians to amend the bill to ensure it complies with court decisions in BC and Ontario banning indefinite solitary confinement, but the government refused. The organizations argued at the Parliamentary committees reviewing the legislation that it would be unconstitutional as soon as it passed into law, as a result.

The Court of Appeal varied the lower court’s ruling, changing the remedy in certain ways by declaring that, in its implementation of the administrative segregation provisions, the federal government breached its obligation under the law to give meaningful consideration to the health care needs of mentally ill and/or disabled inmates before placing or confirming the placement of such inmates in segregation; and breached its obligation under the law to ensure that inmates placed in administrative segregation are given a reasonable opportunity to retain and instruct counsel without delay and to do so in private. A declaration was also granted that inmates have a constitutional right to be represented by counsel on segregation review hearings. The Court of Appeal also accepted the finding that the solitary confinement practices in federal prison discriminate against Indigenous prisoners.

Catherine Latimer, Executive Director of the JHSC, stated: “Too many lives have been shattered by the cruel practice of indeterminate prolonged isolation in our prisons. This decision provides greater fairness and humanity for those vulnerable to Charter rights abuses.”

The Reasons for Judgment of the BC Court of Appeal can be located here.

The BCCLA and JHSC are represented in this case by Alison Latimer and Joseph Arvay, Q.C., of Arvay Finlay LLP, Vancouver.

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L’ALCCB célèbre la décision de la Cour d’Appel confirmant la fin de l’isolement cellulaire prolongé pour une durée indéfinie

Publié le lundi 24 juin 2019

Pour diffusion immédiate

VANCOUVER – La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a annoncé aujourd’hui, le 24 juin 2019, sa décision confirmant l’inconstitutionnalité des lois fédérales qui autorisent l’isolement prolongé et indéfini dans les prisons canadiennes. Cette décision a de graves conséquences pour la nouvelle loi d’isolement adoptée vendredi dernier par le Parlement.

Justice Fitch a tenu, au nom d’une cour d’appel unanime: “À mon avis respectueux, une disposition législative qui autorise l’utilisation prolongée et indéfinie de la ségrégation administrative dans des circonstances qui constituent l’isolement d’un détenu au sens des règles de Mandela prive un détenu de la vie, la liberté et la sécurité de la personne de manière gravement disproportionnée aux objectifs de la loi. En outre, l’impact draconien de la loi sur les détenus isolés, comme indiqué par l’expérience historique du Canada avec la ségrégation administrative et dans les résultats factuelles détaillées du juge, est tellement grossièrement disproportionné aux objectifs de la disposition qu’elle offense les normes fondamentales d’une société libre et démocratique.”

La décision d’aujourd’hui est un rejet de la tentative du gouvernement de renverser la décision de la Cour suprême de janvier 2018 de la Colombie-Britannique qui avait conclu que le gouvernement mettait en danger la vie et la santé des personnes incarcérées dans des établissements fédéraux en les enfermant dans un isolement cellulaire prolongé et indéfini. Le procès par l’Association des Libertés Civiles de la Colombie-Britannique (l’ALCCB) et la Société John Howard du Canada (SJHC) et a abouti à l’annulation des lois inconstitutionnelles du gouvernement relatives à la ségrégation administrative – une conclusion qui a été confirmée par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique aujourd’hui.

«Cette décision dénonce la pratique de longue date du Canada consistant à isoler les prisonniers pendant des semaines, des mois et même des années à la fois, sans fin imminente, une pratique condamnée dans le monde entier comme une forme de torture», a déclaré Grace Pastine, Directrice des Litiges de l’ALCCB. «Cette décision est une victoire monumentale pour les nombreuses personnes qui souffrent, invisibles et inouïes, derrière les murs d’une prison. C’est aussi une victoire pour tous les Canadiens qui croient que l’isolement cellulaire est immoral et peu pratique. En tant que société, cela va à l’encontre des objectifs que nous visons car l’isolement cellulaire nuit aux prisonniers, coûte trop cher et mène à plus de crimes. »

La décision indique clairement que l’isolement cellulaire illimité et prolongé est inconstitutionnel et confirme la décision de la Cour inférieure d’annuler les dispositions de la législation pénitentiaire initiale pour cette raison. Le nouveau projet de loi du gouvernement fédéral destiné à remplacer l’ancienne loi, adopté vendredi par le Parlement, continue de permettre l’isolement prolongé dans certaines circonstances. L’ALCCB et la SJHC avaient exhorté le gouvernement et les parlementaires à modifier le projet de loi pour le rendre conforme aux décisions des tribunaux en C.-B. et Ontario interdisant l’isolement cellulaire illimité, mais le gouvernement a refusé. Lors de l’examen du projet de loi par les comités parlementaires, ces organisations ont déclaré qu’il serait inconstitutionnel dès qu’il sera adopté.

La Cour d’appel a modifié la décision de la Cour inférieure, modifiant le remède à certains égards. Elle a déclaré que, dans le cadre de la mise en œuvre des lois relatives à l’isolement cellulaire, le gouvernement fédéral a manqué à son obligation légale de tenir compte de manière significative des besoins de santé des détenus souffrants de maladies mentales et / ou des handicapés avant de placer ou de confirmer le placement de ces détenus en isolement; et a manqué à son obligation légale de veiller à ce que les détenus placés en isolement cellulaire aient la possibilité raisonnable de faire appel à un avocat sans délai, ainsi que de le faire en privé.  Une déclaration a également été accordée selon laquelle les détenus ont, en vertu de la Constitution, le droit d’être représentés par un avocat à l’audience de contrôle de l’isolement. La Cour d’appel a aussi accepté la conclusion selon laquelle les pratiques d’isolement cellulaire dans les prisons fédérales étaient discriminatoires à l’égard des prisonniers autochtones.

Catherine Latimer, directrice exécutive de la SJHC, a déclaré: «Trop de vies ont été brisées par la pratique cruelle d’isolement prolongé et indéfini dans nos prisons. Cette décision offre plus d’équité et d’humanité aux personnes vulnérables aux violations des droits de la Charte. »

Les motifs du jugement de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique se trouvent ici.

L’ALCCB et la SJHC sont représentés dans cette affaire par Alison Latimer et Joseph Arvay, O.C., Q.C., de Arvay Finlay LLP, Vancouver.

Renseignements: