Menu

BCCLA Reacts: Supreme Court of Canada ruling on First Nation ski resort dispute

(le français suit)

For immediate release

OTTAWA – This morning, the Supreme Court of Canada issued its ruling in Ktunaxa Nation v. Minister of Forests, a case concerning a proposed ski resort development on lands the Ktunaxa Nation considers sacred. The British Columbia Civil Liberties Association (BCCLA) intervened in the case to argue that Indigenous spirituality must be protected under the Charter of Rights’ guarantee of freedom of religion.

The majority of the Court ruled that the decision to approve development in the Jumbo Valley did not violate the Ktunaxa’s Charter right to religious freedom. The majority held that while s. 2(a) protects everyone’s freedom to hold religious beliefs and to manifest such beliefs through worship and practice or by teaching and dissemination, the Charter guarantee does not extend to protecting from state interference the object of religious belief or the subjective spiritual meaning associated with such beliefs and practices.

Jessica Orkin, counsel for the BCCLA, stated: “The Court’s restrictive approach to the interpretation of religious freedom in this case is disappointing. For many Indigenous peoples, spiritual beliefs and practices are inextricably tied to lands they consider to be sacred. The BCCLA argued that the Charter ought to be interpreted in a manner that reflects this unique aspect of Indigenous religious beliefs.  Indigenous peoples’ spirituality is vital to who they are, and government actions that desecrate Indigenous sacred sites can cause profound, irreversible harm, effectively rendering beliefs and religious practices devoid of their spiritual significance.  Unfortunately, the majority’s approach in this case did not take this important feature of Indigenous spirituality into account.”

Early in 2012, the BC government approved the disputed Jumbo Glacier ski resort development in an area of the southeastern Purcell Mountains known as Qat’muk. The Ktunaxa Nation challenged the approval in court, arguing that the BC government ignored that Qat’muk is a location of deep spiritual significance to them, forming a necessary part of their spiritual practices, beliefs and identity, and that the decision to approve the development is an unjustified violation their Charter right to religious freedom. The BC courts rejected this claim, and the Ktunaxa appealed to the Supreme Court of Canada.

The Supreme Court faced the question of whether the Charter guarantee of religious freedom is violated by the development of an Indigenous sacred site that, according to the uncontradicted evidence in the case, would destroys its spiritual character. The Ktunaxa evidence is that Qat’muk is the home to Kⱡawⱡa Tukⱡuⱡakʔis, or Grizzly Bear Spirit, and that the Spirit would leave if the mountain were developed. The Ktunaxa led evidence of their belief that if the Grizzly Bear Spirit leaves, they will no longer receive spiritual assistance and guidance from that spirit, and will be unable to carry on their spiritual practices, which depend on the continuing presence of the Grizzly Bear Spirit at Qat’muk.

The concurring reasons of 2 justices adopted reasoning advanced by the BCCLA in relation to the scope of s.2(a) of the Charter. The BCCLA intervened in support of the right of Indigenous communities to protect their sacred sites from desecration. The BCCLA argued that in order for freedom of religion to have meaning, protection for freedom of religion must not only include spiritual practices, but the underlying spiritual beliefs and sacred sites, within Canada, that are vital to those beliefs. The BCCLA argued that to ignore the centrality of sacred sites in Indigenous spirituality would result in the denial of meaningful Charter protection for Indigenous religious communities.  Instead, the BCCLA argued that governments and courts must consider the important connections between land and sacred sites and the spirituality of Indigenous peoples, rather than viewing Indigenous spirituality through a lens in which the supreme being’s continued existence is not believed to depend on a particular piece of land.

The BCCLA was represented by Jessica Orkin and Adriel Weaver of Goldblatt Partners LLP.

CONTACT: Jessi Halliday, [email protected], 604-630-9748

Cour suprême : Litige des Premières Nations au sujet de la station de ski – décision que la destruction des liuex sacrés des autochtones n’enfreint pas leur liberté de religion

Publié le 2 novembre 2017

Pour diffusion immédiate

OTTAWA –  Ce matin, la Cour suprême du Canada a émis sa décision dans l’arrêt de la Nation Ktunaxa c. le ministère des Forêts, un cas qui concerne le droit de la nation Ktunaxa de refuser un projet de développement d’une station de ski sur des terres qu’elle considère sacrées. L’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (ALCCB) a intervenu dans cette affaire pour affirmer que la spiritualité autochtone doit être protégée en vertu de la garantie de liberté de religion accordée par la Charte des droits et libertés.

La majorité de la Cour a statué que la décision d’approuver le développement dans la vallée de Jumbo ne violait pas le droit à la liberté religieuse du peuple Ktunaxa garanti par la Charte. La majorité a soutenu que même si l’art. 2 a) protège la liberté de croyance religieuse et la manifestation de ces croyances par le culte et la pratique ou par l’enseignement et la diffusion, la garantie de la Charte ne s’étend pas à la protection de l’État contre les croyances religieuses ou le sens spirituel subjectif associé à ces croyances et pratiques.

Jessica Orkin, avocate pour l’ALCCB, déclare : « L’approche restrictive de la Cour quant à l’interprétation de la liberté de religion en l’espèce est décevante. Pour de nombreux peuples autochtones, les croyances et les pratiques spirituelles sont inextricablement liées à des terres qu’ils considèrent comme sacrées. La BCCLA a soutenu que la Charte devrait être interprétée d’une manière qui reflète cet aspect unique des croyances religieuses autochtones. La spiritualité des peuples autochtones est vitale pour pour leur identité, et les actions gouvernementales qui désacralisent les sites sacrés autochtones peuvent causer des dommages profonds et irréversibles, rendant ainsi les croyances et les pratiques religieuses dépourvues de leur signification spirituelle. Malheureusement, l’approche de la majorité dans cette affaire n’a pas tenu compte de cette importante caractéristique de la spiritualité autochtone. »

Au début de 2012, le gouvernement de la C.-B. a approuvé le développement ligitieux de la station de ski Jumbo Glacier dans une région au sud-est de Purcell Mountains connue sous le nom de Qat’muk. La nation Ktunaxa a contesté l’approbation en cour, affirmant que le gouvernement de la C.-B. avait ignoré le fait que Qat’muk est un site d’une importance spirituelle profonde pour son peuple, qu’il est essentiel dans le cadre de leurs pratiques spirituelles, de leurs croyances et de leur identité, et que la décision d’approuver le développement est une violation injustifiée de leurs droits de la Charte en matière de liberté de religion. Les tribunaux de la C.-B. ont rejeté cette requête et la nation Ktunaxa a porté la cause en appel devant la Cour suprême du Canada.

La Cour suprême a considéré si le développement d’un site autochtone sacré est une violation de la garantie de la liberté de religion accordée par la Charte; ce qui, selon les preuves non contredites dans cette cause, détruit le caractère spirituel du site. La preuve présentée par Ktunaxa est que Qat’muk est le foyer de Kⱡawⱡa Tukⱡuⱡakʔis, ou Esprit du grizzli, et que l’Esprit quitterait si la montagne était développée. Le peuple Ktunaxa a donné des preuves de sa croyance que si l’Esprit du grizzli quitte les lieux, il ne recevra plus l’aide spirituel ni les directives de cet esprit, et qu’il ne pourra plus continuer ses pratiques spirituelles puisque ces dernières dépendent de la présence continuelle de l’Esprit du grizzli à Qat’muk.

Une minorité de deux juges a adopté l’approche avancé par l’ALCCB concernant la portée de l’art. 2(a) de la Charte. L’ALCCB a intervenu pour appuyer le droit des collectivités autochtones de protéger leurs sites sacrés contre la profanation. Afin que la liberté de religion puisse être significative, l’ALCCB a défendu que la protection de la liberté de religion doit non seulement inclure les pratiques spirituelles, mais aussi les croyances spirituelles sous-jacentes et les sites sacrés, au Canada, qui sont essentiels à ces croyances. L’ALCCB a affirmé qu’ignorer la centralité des sites sacrés dans la spiritualité autochtone entraînerait le refus d’une protection importante en vertu de la Charte pour les collectivités religieuses autochtones. Au contraire, les gouvernements et les tribunaux doivent examiner les rapports importants entre les terres et les sites sacrés et la spiritualité des peuples autochtones, plutôt que de voir la spiritualité autochtone d’une optique selon laquelle l’existence continue de l’être suprême ne dépend pas d’une parcelle de terre en particulier.

L’ALCCB a été représentée par Jessica Orkin et Adriel Weaver de Goldblatt Partners LLP.

COMMENTAIRES DISPONIBLES EN FRANÇAIS — RENSEIGNEMENTS: Jessi Halliday, adjointe administrative, [email protected], 604-630-9748 (anglais seulement)